Comment se présente t-il ?

Histoire d'un vieux piano

Tout a commencé l'été 1983, j'avais alors à peine quatorze ans et lui probablement cinquante. Il était là, je me suis assis près de lui et déjà entre-nous le dialogue s'établissait comme si nous nous étions toujours connus.

Depuis ce jour il est ma seule constante, le seul qui me suit partout et à qui je me confie.

Même si depuis le bois a laissé place au métal et au plastique et que les cordes ne vibrent plus, l'émotion est toujours là comme aux premiers jours de notre rencontre.

Mon univers s'est construit autour de lui et malgré quelques infidélités passagères, nous sommes toujours unis pour le pire et le meilleur.

Les infidélités

La lumière a toujours attiré la fascination chez moi, au point de vouloir me l'approprier, surtout si cette lumière est éphémère. C'est alors qu'un prétendant s'est présenté, me proposant en un éclair de mémoriser la scène. Mon être chimique fût bouleversé par cette alchimie au point d'avoir délaissé mon compagnon de toujours pour en partager l'existence avec ce qui me permet d'illustrer mon monde, alors très commun.

En 1995 j'osais montrer la lumière capturée par mes filets argentiques, ma vocation d'écrivain lumineux était déjà amorcée.

Entre musique monochrome et images improvisées.

Depuis la fin des années 90 mon être chimique et sa raison ont laissé la place à mon être émotionnel pour enfin renaître et devenir petit à petit ce qu'est aujourd'hui Ehma : Cette personnalité ambiguë, toujours dans le doute et le questionnement, qui façonne chaque jour une pièce de son labyrinthe culturel et affectif, au point de ne plus en retrouver la sortie.

La lumière et les vibrations de l'air se sont ainsi mélangées, pour devenir un monde qui m'isole de plus en plus de la réalité et de ce que j'étais dans mon ontogenèse, dans ce que je devais devenir.

Je me suis donc effacé pour devenir Ehma, pour devenir cette identité aux sources multiples, dans un monde où la matière laisse la place à l'immatériel. Un monde où l'éphémère l'emporte sur le durable. Un monde où le son et la lumière se sont mélangés pour de bon.

Ils ont influencé ma vie, laissé une trace indélébile mais ne le savent pas.

Dans une station service, alors que Patrick Chesnais s'en va, un comédien dit :« .on sait jamais la trace que l'on laisse dans la vie des gens. » (Il y a des jours. et des lunes de Claude Lelouche).

 

Un été de 1986 une jeune adolescente du haut de ses quatorze ans me fit entrer un bref moment dans son univers. Même si ce jeu était innocent, cette jeune demoiselle a posé un pilier de résilience. C'est de ça que parle la plage de Blâne-est.

 

Lors d'une représentation d'un balai créé par Michele Meugens « Derrière les yeux maquillés », j'ai été énormément séduit par la musique. Laquelle  représentait un peut la manière dont je la ressentais au fond de moi. C'était du Victor Khen et je m'en revendique comme descendant.

 

Un autre été de 1997, Sylvie Ronflette amicalement me fît entrer dans son monde, là où elle excellait. Nos perceptions de l'art était différentes, mais elle su mettre le doigt sur ce que j'étais devenu. Je n'y croyais pas, mais je me rends compte qu'elle avait vu juste. Elle avait, avec une grande précision, décrit qui est réellement Ehma.

Projection

Le film entame sa troisième bobine. L'amorce, un peu abîmée, se calle mal dans les dents du projecteur. Le temps de se synchroniser sur les 24 images/seconde et l'histoire peut reprendre.

 

Une dame entre dans un compartiment bien rempli. Ses vêtements très colorés et son chapeau attirent les regards des voyageurs. Alors que la toile de l'écran se reflète sur la vitre de la salle, je croise son regard qui s'y redessine. Soudain, elle baisse  les yeux comme si il y avait interaction entre la projection et le spectateur. Ces yeux verts me font comprendre que je peux modifier le défilement de la bobine et peut-être même en modifier le scénario.

 

Il faut que j'aille plus vite que les 48 cm/s pour modifier l'histoire avant qu'elle ne se déroule. Il faut que j'écrive mieux et plus vite. Il faut que je séduise le spectateur. Il faut que la bande son soit irréprochable, que le film soit attrayant. Il faut que je trouve la bonne actrice, le bon metteur en scène, le bon accessoiriste.

 

Ah si Léon G pouvait me venir en aide, si je pouvais tourner à Taxandria, si je .

 

Au lieu de ça le vent se lève, emportant à chaque bourrasque un lot de notes désorganisées.

 

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En réalité

Lui-même

Ehma (Emmanuel Codden), né à Binche (Hainaut) le 7 juin1969.
Compositeur de musique néo-classique minimaliste et répetitif, s'inscrivant dans la lignée des minimalistes tels :Pillip Glass, Wim Mertens, Erik Satie...

Militant pour la culture libre (copyleft), fondateur de l'association Culture Libre, instigateur de l'Université Surréaliste de Belgique et Belgologue de renom sous le nom du Professeur Rudy Van de Wisselaer.
Illustration sonore sur Saint-Lo la mémoire retrouvée, Regards Croisés, Le Palais de Chaillot, ...

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